Fri. Jun 26th, 2026

Aperçu de Monster Fantasy : Animal Crossing rencontre Monster Hunter dans un tourbillon de genres

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre quand je me suis assis pour assister à la présentation de Jotoyo Games. Je l’avoue, je ne connaissais pas vraiment ce studio indépendant basé à Chengdu, en Chine, mais dès que ses membres ont commencé à énumérer les jeux sur lesquels ils avaient travaillé et leurs années d’expérience, je me suis penché en avant, complètement captivé. Le titre Monster Fantasy ne t’apprend pas grand-chose. Ça ressemble presque à un sous-genre dont les recoins les plus sombres et les plus profonds de BookTok seraient obsédés, mais dès qu’on a pu jeter un premier coup d’œil au gameplay, on a eu l’impression que le jeu n’aurait pas pu s’appeler autrement.

Dire que Monster Fantasy a l’air ambitieux serait à peu près aussi réducteur que de dire que l’Empire State Building est plutôt haut. Jotoyo ne fait pas les choses à moitié. Le studio s’inspire de jeux comme Monster Hunter et Animal Crossing, et positionne Monster Fantasy comme un concurrent potentiel de ces titres. Sur le papier, ça a l’air assez différent, mais Monster Fantasy mélange tout ça en un seul jeu. C’est une simulation de vie très complète, avec construction de ferme, gestion de village, interactions avec des PNJ, pêche, exploitation minière, fabrication de potions, et bien plus encore. C’est aussi une expérience de RPG bourrée d’action où tu chasses des monstres : tu choisiras parmi quatre classes et tu affronteras toute une variété de créatures dans un vaste monde ouvert, avec tous les biomes où tu t’attendrais à trouver des monstres. Des forêts luxuriantes, des déserts arides, des sommets enneigés… tu vois le genre. Ah, j’ai failli oublier : si tout ça ne te suffit pas, tu peux aussi capturer et dresser les monstres.

Ce qui frappe d’emblée dans Monster Fantasy, avant même que tu ne te lances dans les combats contre les monstres ou la gestion de la colonie, ce sont ses graphismes. L’univers et les monstres ont l’air tout droit sortis d’un jeu Monster Hunter. Ils dégagent un certain réalisme, tandis que les personnages joueurs et les humains sont dessinés dans un style bien plus mignon, inspiré du chibi. C’est clairement un contraste, sur lequel je ne pense pas encore avoir d’avis définitif. D’un côté, le design des personnages est visuellement agréable, et ce contraste va certainement aider Monster Fantasy à se démarquer, mais ça pourrait être un peu déconcertant dans le gameplay. Je dis “pourrait” parce qu’on n’a pas eu l’occasion de tester Monster Fantasy. Cette opportunité sera réservée pour plus tard en juillet, quand un test de jeu est prévu ainsi qu’une campagne Kickstarter.

Comme on n’a pas pu tester le gameplay nous-mêmes, on base nos impressions sur quelques vidéos et une présentation de ce à quoi ressemble Monster Fantasy. Mais si tu as ne serait-ce qu’une vague idée de comment fonctionne un jeu Monster Hunter, ou n’importe quel jeu de simulation de vie d’ailleurs, tu pourras deviner comment tout ça s’articule dans le jeu de Jotoyo. La chasse aux monstres consiste en grande partie à tailler en pièces une grosse bête sur un champ de bataille ouvert, en utilisant les capacités et pouvoirs uniques de ta classe. Les classes sont le Guerrier, qui sert de bouclier défensif principal ou de « tank », l’Épéiste, qui correspond davantage à une classe de combattant classique, l’Archer, qui ne devrait pas avoir besoin d’explications, et le Mage, dont le nom parle de lui-même, tout comme celui de l’Archer. Ce qui est sympa avec ces classes, c’est que tu n’es pas coincé avec celle que tu choisis, et tu n’as pas non plus besoin de farmer pour débloquer leurs meilleures capacités. Tu choisis ta classe en fonction de l’arme que tu manies, et tu as automatiquement accès à ses meilleurs atouts.

Monster Fantasy semble être avant tout un jeu qui laisse le joueur libre de faire exactement ce qu’il veut. D’après ce qu’on nous a dit lors de la présentation, il semblerait que les joueurs n’aient même pas besoin de s’intéresser aux éléments du jeu qui ne les intéressent pas. Si tu veux juste chasser des monstres et équiper ton personnage avec le meilleur matos récupéré sur leurs cadavres, tu peux te concentrer entièrement sur cet aspect. Par contre, si tu veux simplement vivre dans le monde créé par Jotoyo et laisser les terrifiantes bêtes de la nature dans leur habitat naturel, tu peux le faire. L’ambition du jeu est de créer un monde vivant propice à l’évasion, avec un cycle jour/nuit en temps réel, ainsi que des conditions météo changeantes qui influenceront le gameplay et le comportement des monstres. Ce qui n’est apparu clairement qu’après la présentation, c’est que le jeu proposera un scénario principal à suivre. Ce qu’on a vu ressemblait davantage à une démo de gameplay, mais il y aura bien une histoire. À en juger par le gameplay, on imagine toutefois qu’il s’agira d’un récit assez libre, qui permettra au joueur de garder le sentiment qu’il est libre d’interagir avec le monde comme bon lui semble. Comme on l’a vu avec un autre jeu combinant des éléments de RPG et de simulation de vie, Crimson Desert, tu n’as pas vraiment besoin d’une histoire exceptionnelle pour attirer des millions de joueurs. Jotoyo pourrait donc bien être le prochain représentant d’une nouvelle tendance potentielle dans le monde du jeu vidéo, qui redonnera aux joueurs le pouvoir de créer leurs propres histoires dans un univers vivant et accueillant.

Quand tu écoutes une présentation et que tu sens la passion des développeurs pour leur projet, c’est dur de ne pas te laisser emporter, mais j’ai toujours une petite voix dans ma tête qui me demande si tout ça n’est pas un peu trop beau pour être vrai. Mais bon, j’ai pensé la même chose en découvrant Crimson Desert et Clair Obscur : Expedition 33 pour la première fois, donc je ne suis pas vraiment doué pour repérer les futurs succès. C’est un peu ambitieux de comparer Monster Fantasy à ces deux-là, et je ne dirai pas que c’est le prochain succès surprise prêt à se vendre par millions, mais je veux simplement dire que je ne dénigrerai pas l’ambition de l’équipe de Jotoyo. Le concept original du jeu a vu le jour en 2020, donc ça fait un bon moment qu’ils bossent dessus, et ils promettent que même si l’objectif Kickstarter n’est pas atteint, le jeu sortira quand même avec une super qualité. Il y a du potentiel ici, mais c’est difficile de dire si ça va marcher ou pas sans y avoir joué nous-mêmes. Les combats de monstres avaient l’air assez moyens d’après le petit aperçu du gameplay, mais peut-être que ça change quand on y joue. L’univers a l’air riche, mais les classes de personnages risquent d’être un peu superficielles. Pour l’instant, c’est un peu mitigé, mais c’est juste une première impression sur une expérience conçue pour que tu y passes des dizaines, voire des centaines d’heures.

By Finnegan Blackthorne

A Calgary-based gaming journalist with over seven years of experience covering the Canadian gaming landscape. Started his career documenting local gaming conventions before expanding into national industry coverage. Specializes in Canadian indie game development and emerging gaming technologies. His comprehensive reporting on prairie gaming culture and developer interviews has established him as a prominent voice in the Canadian gaming community

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