“Le temps a passé et le genre des jeux de combat a évolué, mais pas Dead or Alive.” C’est ce qu’avait écrit mon collègue Jonas à la sortie de Dead or Alive 6, il y a sept ans . Ce qu’on ne savait probablement pas, c’est que ce sentiment s’appliquerait aussi à l’édition Last Round de ce jeu en 2026. Évidemment, si le jeu de base semblait déjà dépassé à sa sortie, une version définitive ne pourrait pas faire grand-chose pour y remédier, pas vrai ? Mais on a vu d’autres séries de jeux de combat dont le titre principal s’est considérablement amélioré au fil des ans, donc il y a toujours de l’espoir. Et s’ils peaufinaient le système de combat pour le rendre plus profond et plus captivant ? Et si la mise à niveau graphique vers la nouvelle génération faisait une énorme différence visuelle ?
Mais il ne faut pas trop y compter. Sous cette surface peu attrayante se cache une partie des combats magnifiquement chorégraphiés que tu connais et que tu adores dans la série, avec des mouvements agiles, une ambiance ninja et des possibilités de combos intéressantes, mais tout le reste ne manquera pas de te décevoir de temps en temps.
On comprend bien qu’il s’agissait d’un titre original sur Xbox One/PS4, mais ce titre était déjà à la traîne à l’époque et ressemblait à un jeu de fin de cycle Xbox 360/PS3. Comme la mise à jour graphique est ici très timide, le jeu a l’air encore pire sur un écran plus grand et avec une meilleure résolution. Ne t’attends pas à des effets supplémentaires, à des textures en haute résolution, et encore moins à une géométrie améliorée. C’est un simple upscaling, sans prise en charge du HDR et, aussi bizarre que ça puisse paraître, avec la possibilité de choisir entre performances et fidélité graphique. On a enregistré la vidéo de 10 minutes suivante en mode “fidélité graphique”, pour que tu puisses te faire ta propre opinion :
La vidéo montre une des premières parties du mode histoire. Même si le menu de navigation, très « à la japonaise » avec ses « lignes temporelles qui tombent », ne me dérange pas, il n’y a pas une seule cinématique qui ne paraisse pas incroyablement vieillotte, gênante ou embarrassante. Et je ne parle pas de “gênant” dans le sens de “tiens, encore une jeune femme à peine vêtue avec des seins surdimensionnés qui se balancent”. Ça a toujours été le choix artistique pour la conception des personnages dans la série, et tu sais à quoi t’attendre. Je veux dire par là que ces cinématiques pourraient très bien provenir d’un des premiers jeux Ninja Gaiden sur la Xbox originale, avec des personnages en low-poly qui ont l’air en plastique, une synchronisation labiale maladroite voire inexistante, une animation et une cinématographie médiocres, et bien sûr un doublage agaçant basé sur des dialogues ridicules.
Le mode Quest de DoA reste toutefois intéressant en tant qu’expérience solo, car il t’encourage à apprendre et à maîtriser les mécanismes au fur et à mesure que tu relèves des défis spécifiques. J’aime le système de combat de DoA, sa philosophie inspirée de l’aïkido qui te permet d’utiliser la violence de ton adversaire à ton avantage, et la façon dont les boutons sont toujours bien agencés. Par contre, certains opus plus anciens me semblaient plus fluides, car le rythme des combats présente parfois des coupures bizarres. En plus, les nouveaux gadgets comme le “Fatal Rush” ne parviennent toujours pas à moderniser la formule, et sans pour autant copier de manière flagrante, les développeurs devraient s’inspirer un peu de Capcom, Namco, SNK et même Riot.
Tout ça mis à part, ce que propose The Last Round, c’est essentiellement cinq nouveaux personnages (Rachel, Tamaki, Nyotengu, Phase 4, Momiji) et tout un tas de costumes, mais pour une raison quelconque, les DLC comme celui de Mai Shiranui de KoF ne seront pas inclus dès le premier jour. Au moins, tu pourras récupérer tout ce que tu as débloqué ou acheté dans le jeu de base. Ah, et ça ajoute aussi un mode photo complet où, en plus de pouvoir faire pivoter librement la caméra pour que les parties du corps, disons, se trémoussent encore un peu plus, tu peux changer de position, de pose et d’expression faciale, même si tu as figé l’instant en plein combat. Kasumi et Mari Rose disposent de cinq tenues inspirées de jeux comme Dead or Alive Xtreme Venus Vacation, et on devine facilement où beaucoup de fans vont passer le plus de temps et d’où viendra le calendrier estival en bikini qu’ils accrocheront au dos de la porte de leur chambre d’étudiant.
Au final, Dead or Alive 6: Last Round est un pack d’un bon rapport qualité-prix qui permettra aux fans inconditionnels de profiter du dernier opus de la série, qu’ils possèdent probablement déjà, mais sur du matériel plus récent. Et c’est à peu près tout. Même s’il est accessible et unique, le système de combat semble encore plus dépassé après sept ans, et on peut en dire autant des cinématiques, du scénario, des graphismes, des animations et de pratiquement tout le reste. Avec Dead or Alive 7 déjà annoncé , et compte tenu de la concurrence actuelle et à venir (Virtua Fighter Crossroads, le nouveau jeu de Harada chez SNK…), Team Ninja va devoir se donner à fond pour proposer un reboot complet et convaincant de la série.
