Selon Jacek Dukaj, auteur polonais de science-fiction et fondateur de Dukaj Games, le succès actuel de la science-fiction et des jeux vidéo en Pologne s’explique par leur origine comme moyen de contourner la censure soviétique.
La Pologne, ancienne république soviétique, est aujourd’hui un acteur majeur du jeu vidéo mondial, abritant des franchises populaires telles que The Witcher et Cyberpunk 2077. Mais d’où vient cette créativité unique ? Dukaj, lauréat du Prix de littérature de l’Union européenne, explique que dans les années 70 et 80, une forte scène de science-fiction sociologique a émergé. Sous le régime communiste, la science-fiction permettait une critique sociale du système sans éveiller les soupçons des censeurs, qui ne s’intéressaient guère à ce genre.
Ces œuvres, influencées par des dystopies comme celles d’Orwell et de Zamiatine, ont jeté les bases des générations futures d’auteurs et de développeurs de jeux vidéo polonais. Les fondateurs des grandes entreprises de jeux polonaises ont grandi avec ces romans, intégrant ces influences dans leur ADN.
Dukaj lui-même ressent une connexion profonde entre son travail d’écrivain et sa passion pour les jeux vidéo. Il considère les jeux comme une nouvelle forme d’art et de culture, et ses écrits explorent la construction d’univers basés sur des règles de jeu, envisageant le monde comme un jeu géant.
Son œuvre inclut des récits comme “Irehare”, une nouvelle publiée avant “Matrix” qui partage des similitudes esthétiques, et le roman “Line of Resistance”, qui aborde la “gamification” de l’expérience humaine.
Dans l’interview complète, Dukaj aborde également le rôle de l’IA dans la création d’expériences de jeu immersives et son projet d’adapter “The Cathedral” chez Dukaj Games.
